Afficher le numéro

Actualités

«Et si nous ouvrions une école en Afghanistan?»

Ouvrir une école, où que ce soit dans le monde, est toujours une manifestation de vitalité et d’espérance. Fonder une école, c’est donner son temps, son savoir, son argent, pour que demain soit aux mains d’adultes intelligents et solides. Une société qui n’ouvrirait plus d’écoles, c’est aussi triste qu’une société qui ne ferait plus d’enfants. Ce serait une société morte, figée dans une approche défaitiste et frileuse de l’existence.

Mais quand une Américaine rescapée du 11-Septembre ouvre une école au fin fond de l’Afghanistan, cette vitalité prend un sens encore plus fort. C’est ce qu’a fait Ada Dolch, ancienne directrice d’une école new-yorkaise. Retour sur cette magnifique leçon de vie, évoquée dans la presse en ces jours de commémoration.

11 septembre 2001 : Ada Dolch, directrice de la High School for Leadership and Public Service, n’a qu’une idée en tête, faire évacuer au plus vite les 550 élèves de son établissement. « Des débris atterrissaient sur l’immeuble et un incendie pouvait se déclarer. Nous sommes tous partis à pied vers le sud de Manhattan. C’était ma responsabilité de mettre les enfants à l’abri », a-t-elle confié au journaliste de La Croix (9 sept. 2011). Et de continuer avec ces mots pleins de pudeur : « Si j’avais pensé à ma sœur, je n’en aurais pas été capable. » Car Wendy travaillait dans la Tour n° 1, où elle a perdu la vie.

Quelques mois plus tard, alors que toute l’Amérique peine à surmonter le traumatisme, Ada Dolch se demande que faire en mémoire de sa sœur. Elle décide alors qu’elle fondera une école en Afghanistan. Un projet fou en apparence ! Aidée par une femme d’affaires californienne, elle trouve des fonds et bientôt une école ouvre ses portes dans la région de Hérat. L’établissement a été inauguré en sa présence le 4 juillet 2006. Comme elle l’a confié à la Tribune de Genève (6 sept 2011), «ce voyage m’a vraiment aidé dans mon travail de deuil. Je devais m’assurer que je n’étais pas en colère contre les Afghans et les musulmans.» Et de conclure : « Nous devons prendre l’horreur et en faire quelque chose de beau.» Pour retrouver l’espoir, quoi de plus beau qu’une école ?

Partager cette article