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2e débat de la Primaire à droite : l’autonomie scolaire fait l’unanimité

debatprimairewagramHier soir jeudi 3 novembre s’est tenu le 2e débat opposant les sept candidats à la Primaire de la droite et du centre, Salle Wagram, à Paris.
Un balayage en règles de 4 nouveaux grands thèmes de la campagne : terrorisme, délinquance, Europe, et enfin, éducation.
La coexistence des thématiques sécurité / terrorisme et éducation ne manquait pas d’intérêt : ce fut l’occasion pour François Fillon de rappeler que les problèmes rencontrés actuellement par la France, qui mêlent djihadisme et chômage, trouvent leur origine dans une crise profonde où les difficultés du système éducatif ont leur lourde part de responsabilité : dès lors, l’autonomie et la diversification de l’offre scolaire, des établissements autonomes sont indispensables pour espérer sortir de cette crise.

L’autonomie : le mot a été repris par l’ensemble des sept candidats, et semble bien être considéré par tous comme un enjeu indispensable de la réforme de l’école en France. Avec le retour à l’enseignement des fondamentaux, lire, écrire, compter, et l’enseignement de l’histoire, on ne peut que se réjouir de ce consensus qui règne parmi les candidats à l’élection présidentielle.

L’autonomie se décline à plusieurs niveaux : autonomie dans les méthodes pédagogiques, mais surtout, autonomie dans les recrutements de la part des chefs d’établissement (Alain Juppé).

A l’exception de Nathalie Kosciusko-Morizet, tous les candidats se disent favorables à la suppression du collège unique, qui ne permet pas de rendre compte de la diversité des enfants, de leurs parcours, de leurs aptitudes et de leurs aspirations.Pour Jean-François Copé, ce n’est pas le collège qui est unique, mais l’enfant. Bruno Le Maire appelle à une revalorisation de « l’intelligence de la main » face à « l’intelligence de l’esprit », c’est-à-dire une réelle politique en faveur de l’apprentissage et de la voie professionnelle.

Pour répondre à la crise identitaire, Jean-François Copé assume avec énergie et sans complexe la réintroduction du drapeau, de l’enseignement de la Marseillaise, et le port de l’uniforme à l’école, facteurs de cohésion : il convoque l’exemple britannique pour soutenir son propos. Même écho chez François Fillon, pour qui l’uniforme est une idée résolument « moderne ». Jean-François Copé invite à imaginer les « Charles Péguy du XXIème siècle ». On se rappelle que Bruno Le Maire, en visite dans l’école d’Asnières créée et soutenue par la Fondation Espérance Banlieues, avait été favorablement impressionné par les effets produits par le projet assumé de ces écoles, au service de l’apprentissage de la fierté d’être français.

Seul le candidat Jean-François Poisson a témoigné de sa volonté de revenir sur les mesures en cours visant les modalités d’ouverture des écoles indépendantes, en rétablissant le régime de la déclaration. Il rappelle que l’Etat n’est pas « co-éducateur » des enfants au même titre que les parents. Il appelle à la réforme de l’inspection d’académie, gangrenée par la politisation, et souhaite également faire sauter le verrou des 20 % de quota imposés artificiellement à l’enseignement privé sous-contrat : l’enseignement libre coûte moins cher à l’Etat que l’enseignement public, pourquoi, dès lors, priver les parents de la liberté de choix ?

Derrière ces intuitions intéressantes, se pose une question centrale à laquelle aucune réponse satisfaisante n’est encore apportée : comment imposer avec énergie ces réformes nécessaires ?

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