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« L’école autrement »: Un reportage de France 3 Clermont-Ferrand présente deux écoles indépendantes du Puy-de-Dôme: l’école Saint-Bénilde, située dans le centre de Clermont-Ferrand, est une école de confession catholique, à la pédagogie classique (lecture syllabique, apprentissage progressif de la grammaire, histoire chronologique…). L’école associative des Roseaux, à Veyre-Monton, est une école laïque qui utilise la pédagogie Montessori et dont le projet central est tourné vers l’écocitoyenneté.

Ecoles maternelles et primaires, collèges et lycées: ce sont 31 écoles indépendantes de plus qui ont accueilli leurs élèves à la rentrée 2011. Trente en France et une en Suisse, à Genève. Ecoles confessionnelles, écoles Montessori, écoles bilingues, elles enrichissent le paysage éducatif, grâce à leurs différences pédagogiques. Structures à taille humaine, dotées d’une identité forte, elles sont appelées à constituer une offre éducative alternative, appréciée des parents comme des professeurs.

 

 

Cette carte a été publiée dans Les Chroniques de la Fondation, n° 7, sept. 2011.

Qu’est-ce qu’enseigner veut dire, pourquoi faut-il transmettre ?Tel était le thème de la conférence prononcée le 18 septembre dernier par François-Xavier Bellamy, professeur agrégé de philosophie, maire-adjoint de Versailles chargé de la jeunesse et de l’enseignement supérieur.

Vous pouvez vous procurer dès aujourd’hui vous le DVD de cette conférence (90 minutes, 9 €, cliquer ici).

Enseigner, mais encore ? La définition même de l’enseignement est plus que jamais un sujet de discorde. Qui sait encore, aujourd’hui, mettre en application la formule désormais consensuelle de Montaigne : « Mieux vaut une tête bien faite que bien pleine. » ? En retraçant l’évolution des conceptions philosophiques de l’enseignement mais aussi en s’arrêtant sur différents modèles éducatifs au succès incontesté, nous chercherons ensemble à définir ce qu’est enseigner, au-delà des idées reçues et des clivages idéologiques imposés.

Nous vous rappelons le calendrier des prochaines conférences :

Samedi 15 octobre 2011 (18 h – 19 h 30) : Enseigner dans l’Antiquité, par Virginie Subias, professeur agrégé de lettres classiques, professeur en classes préparatoires. 

Samedi 3 décembre 2011 (17 h 30 – 19 h) : L’âge d’or de l’instruction publique, par Marc Le Bris, instituteur et écrivain, auteur de Et vos enfants ne sauront pas lire… ni compter ! (Stock)

Samedi 10 mars 2012 (17 h 30 – 19 h) : Madeleine Daniélou, éducatrice et fondatrice d’école, par Manuela Rousselot, directrice du Centre Madeleine Daniélou, collège-lycée privé de 1 300 élèves à Rueil-Malmaison.

Ces conférences sont organisées par la Fondation pour l’école et l’Institut libre de formation des maîtres. Elles ont lieu au 115-117 rue Notre-Dame-des-Champs Paris VIe sur inscription préalable à [email protected] ou 01 42 62 76 94. L’entrée est alors gratuite.

Deux Français, Vianney Sauvage et Nicolas Asselin, se sont investis depuis plusieurs années pour aider des Péruviens à créer une école indépendante à Zapallal, un bidonville de Lima. Vianney Sauvage, coordinateur du projet Mi Otro Mundo, répond aux questions de Liberté scolaire.


Comment est né le projet Mi Otro Mundo ?

Le projet Mi Otro Mundo est né d’une rencontre entre deux Français et deux Péruviennes, Norma et Julia, issues de la zone de Zapallal, un bidonville situé au nord de Lima. Professeur et responsable administratif dans une école de cette même zone, ces deux femmes avaient le rêve de créer un centre éducatif, social et culturel proposant une éducation de qualité pour les enfants de la communauté de Zapallal. Pour renforcer le processus d’apprentissage, la présence des parents leur paraît indispensable et Mi Otro Mundo, à travers des ateliers, donne aussi l’opportunité de créer du lien social entre les habitants de la communauté pour lutter contre l’ignorance et la fatalité.

Pouvez-vous situer votre école dans l’offre éducative du Pérou et, plus particulièrement, en ce qui concerne la scolarisation des quartiers les plus favorisés ?

L’offre éducative publique est de qualité contestable en raison de la formation défaillante des professeurs, des conditions de travail inadéquates (surpopulation des classes…) et de nombreux facteurs externes mais déterminants dans la concentration des élèves accédant à l’éducation publique (malnutrition, famille monoparentale…).

En parallèle, une éducation privée s’est largement développée tant dans les quartiers les plus favorisés que dans des quartiers plus populaires mais les populations vulnérables ne peuvent y avoir accès car le prix de la scolarité est élevé.

Le projet Mi Otro Mundo cherche à résoudre ce problème de qualité d’éducation et d’accès à l’école. En ce qui concerne la qualité de notre éducation, nous sélectionnons les meilleurs professeurs de notre zone en leur proposant d’excellentes conditions de travail dans notre communauté. D’autre part, l’après-midi, nous proposons des activités scolaires et extrascolaires aux enfants comme aux parents. Cette organisation permet aux enfants d’être notamment de découvrir de nouvelles activités : théâtre, musiques, sports, activités manuelles, etc. En définitive, notre recette est donc de proposer des conditions du privé au prix de l’éducation publique.

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La Fondation pour l’école et l’Institut Libre de Formation des Maîtres vous proposent un cycle de quatre conférences sur l’enseignement. Virginie Subias, professeur agrégé de lettres classiques, professeur en classes préparatoires, vous présente ici la conférence qu’elle prononcera samedi 15 octobre 2011 sur le thème Enseigner dans l’Antiquité.

 L’école est avant tout pour les contemporains un lieu et une institution. Pour les hommes de l’Antiquité, elle est un état, l’état de loisir (skholè) qui permet, en faisant une pause dans les tâches nécessaires et contraignantes de l’activité sociale, de « cultiver son esprit » (Cicéron), c’est-à-dire de rendre fécond, productif, ce terrain donné par la nature et qui, s’il est laissé en friche par l’absence d’éducation, reste en grande partie stérile.

L’objet de cette conférence est de voir comment s’est réalisé le souci éducatif à travers les différentes périodes de l’Antiquité gréco-latine : à Athènes d’abord, puis à Sparte, et enfin à Rome. De brefs excursus permettront de mettre en regard la réalité historique avec les théories de deux philosophes grecs s’étant intéressés à l’éducation de la jeunesse : Platon et Aristote.

L’Antiquité peut servir de miroir inversé pour notre monde contemporain. Aujourd’hui, dans le même temps qu’on déplore un renforcement féroce de l’individualisme, une dynamique profonde tend à l’uniformisation de grandes masses humaines, tant au niveau des pensées que des comportements. Et dans notre pays, l’école entre dans cette dynamique, par l’unicité des programmes au niveau national, et l’uniformité des rythmes, des cursus et des méthodes dans une large mesure. En Grèce comme à Rome, l’État n’exerçait aucun contrôle sur l’éducation, qui était avant tout une affaire individuelle, ou familiale (sauf à Sparte, où tout intérêt privé était inféodé à l’intérêt public). Pourtant, prévalaient dans ces sociétés un très fort patriotisme et un fort esprit communautaire.

En Grèce, les Sophistes ouvrirent le débat, épineux, de la rémunération des maîtres et donc du prix du savoir, savoir dont tout le monde avait conscience qu’il est la condition dela liberté. En Grècetoujours, quelques créateurs d’écoles proposèrent que l’éducation fût remise entre les mains de l’État, mais il s’agissait toujours de l’État vertueux de leurs cités idéales. Dans la réalité, les parents, seuls, choisissaient les maîtres auxquels ils allaient confier leurs enfants, et la renommée était gage de compétence. A Rome en revanche, une organisation scolaire stéréotypée s’était développée, et les grammairiens commencèrent à réfléchir sur les pratiques pédagogiques, ouvrant une porte qui ne s’est jamais refermée depuis.  Mais l’amour de la liberté était tel que jamais on ne songea à déléguer à l’État ce qui apparaissait comme l’un des facteurs essentiels de la construction de chaque citoyen.

Virginie Subias, professeur agrégé de lettres classiques, professeur en classes préparatoires.

 Cette conférence aura lieu samedi 15 octobre 2011 (18 h – 19 h 30) au 115-117 rue Notre-Dame-des-Champs Paris VIe sur inscription préalable à [email protected] ou 01 42 62 76 94. L’entrée est alors gratuite.

« Sophie, 2 ans, regarde la télé une heure par jour. Cela double ses chances de présenter des troubles attentionnels en grandissant » affirme Michel Desmurget, docteur en neurosciences et chercheur à l’INSERM. Mais « critiquer la télévision, c’est, en bout de chaîne, éreinter celui qui la regarde. Si vous affirmez ‘la télé est toxique pour les enfants’, la fameuse ménagère de moins de 50 ans traduira ‘je suis une mauvaise mère et j’éduque mal mes gosses’. Ce genre d’idées passe d’autant plus mal qu’une armée d’‘éminents spécialistes’ s’évertuent à saturer l’espace public de propos lénifiants », admet ce chercheur. Cela ne l’a pas empêché, bien au contraire, de publier en avril dernier un ouvrage de référence, TV Lobotomie (Max Milo, 2011), au terme de quatre ans de recherche. Cet ouvrage repose sur des centaines d’études scientifiques publiées dans le monde au sujet des effets de la télévision sur l’intelligence et la santé. L’ouvrage est doté d’un appareil de notes très complet – 1193, très exactement ! Toute affirmation repose sur des études scientifiques dont les références exactes sont données en annexe pour que chacun puisse vérifier par soi-même. « Cette dénonciation de la nocivité de la télévision est ‘tellement difficile à entendre’ qu’il fallait donner les notes et références scientifiques », explique le Dr Desmurget dans une interview donnée à Enquête et Débat.

Pour lui, « le poste est un voleur de temps. Il est aussi une cause d’isolement social, une source de paresse intellectuelle, un agent de stérilité cognitive et un vecteur de déstructuration psychique ». Savez-vous qu’« un écolier du primaire passe, tous les ans, plus de temps devant le tube cathodique que face à son instituteur (956 heures contre 864) » et que cela représente 75 % de son temps libre ?

De fait, la liste des effets nocifs de la télévision est assez impressionnante. Citons en quelques-uns, en développant ceux qui concernent l’éducation et la famille :

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Le professeur de philosophie Catherine Kinzler a donné un intéressant cours public sur les idées de Condorcet en matière d’école. Voilà typiquement un penseur de l’école et de la République qu’il est bon de faire lire aux futurs professeurs de l’école publique comme privée. A noter, d’ailleurs, que cet auteur est étudié à l’Institut libre de formation des maîtres par les élèves de première année. Les vues de Condorcet, développées dans ses Cinq mémoires sur l’instruction, mais aussi dans ses discours devant la Convention nationale, essentiellement en 1792, sont bien éloignées de celles que professent nombre de thuriféraires actuels de « l’école de la République ». Voici la version vidéo de ce cours public, subdivisée en 3 courtes vidéos, la première étant à visionner à partir de la minute 04.52.

La conférencière, professeur de philosophie, est par ailleurs connue notamment pour sa défense opiniâtre dela laïcité. Son blog contient un certain nombre de textes très intéressants sur l’école, et notamment sur Condorcet.

TRIBUNE LIBRE

Si le plus célèbre des gauchers n’est autre que Léonard de Vinci, combien d’autres ont souffert d’être considérés comme gauches, maladroits, « pas dans le bon sens », combien sont en difficulté quand il s’agit de lire, d’écrire et de compter ?

Gauchère elle-même, Mme Joëlle Morice Mugnier, psychopraticien de la méthode Vittoz, propose une pédagogie fondée sur la structuration de la latéralité, la latérapédagogie. Elle a résumé ses recherches dans un livre Gauchers en difficulté – La latérapédagogie, une richesse inexploitée (Pierre Téqui, 2011). Elle répond à nos questions.

Gauchère vous-même, vous avez été confrontée dès l’enfance à divers obstacles. Quels sont les plus fréquents ?

Il est commun de dire que le gaucher, puisqu’il n’est plus (a priori) contrarié de la main pour écrire, n’a plus à souffrir de sa gaucherie. Tout le monde imagine qu’il est « bien dans ses baskets ». Il existe d’ailleurs pour lui beaucoup d’outils ergonomiques qui facilitent sa vie quotidienne : ouvre-boîte, ciseaux… (Cf. www.lesgauchers.com).

Je fais partie des 14 % de gauchers en Occident qui, bien qu’écrivant avec leur main dominante, sont en réalité toujours contrariés par le sens gauche/droite de l’écriture, de la lecture, voire même de la pensée. Nous écrivons, lisons et souvent pensons « en fermeture ». Ce ne sont donc pas seulement quelques poignées de porte qui s’ouvrent à l’envers pour nous gauchers qui malmèneront notre intellect, notre psychique, nos affects… L’impact de la contrariété du sens conventionnel sur le cerveau est plus important qu’on ne pourrait l’imaginer.

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Lors de l’émission appréciée C dans l’air, du 27 septembre dernier et consacrée à la grève des personnels d’éducation, l’un des invités a préconisé avec force l’autonomisation des établissements scolaires pour contribuer à sortir notre système éducatif de la crise dans laquelle il se trouve. Pour René Sylvestre, fondateur et ancien président du groupe L’Etudiant, « il faut souligner que l’enseignement privé, actuellement, coûte moins cher à qualité égale  – non à quantité égale (ndlr : lapsus révélateur !). Toutes choses égales par ailleurs, l’enseignement dans un établissement privé coûte entre 10 et 20 % de moins. Là, il y a une question à se poser. […] C’est une question de gestion. On gère les moyens autrement et on arrive à des coûts inférieurs. […] Une des réformes à faire dans l’Éducation nationale, c’est rendre plus autonome là où ça se passe. L’enseignement ne se passe pas dans un rectorat, une région ou à l’Éducation nationale rue de Grenelle, ça se passe au lycée Turgot, au lycée Mistral d’Avignon, c’est là que ça se passe, c’est là qu’on est enseigné et enseignant. Il faut donner plus de pouvoir – je ne dis pas tout le pouvoir – plus de pouvoir, plus d’autonomie, plus de moyens, là, pour pouvoir refonder la communauté éducative qui se passe là. Dans l’enseignement privé, la communauté éducative, elle est aux Francs-Bourgeois, elle est à machin, elle est à truc (sic), ce sont des communautés éducatives. […] La décentralisation, c’est le respect du travail des gens, c’est leur dire que c’est là que ça se passe : c’est à toi, proviseur, avec ton conseil d’administration, tes professeurs, ta communauté éducative, de diriger ton établissement sous la houlette de l’État. Avec deux conditions, c’est que l’État fasse ce qu’il doit faire et qu’il ne fait plus. C’est le problème d’aujourd’hui et d’hier, l’État abandonne ses deux fonctions : la fonction de prévision, il ne prévoit plus rien, il y a longtemps qu’il ne prévoit plus rien, et il faut que l’État retrouve son pouvoir de contrôle. Il faut savoir que l’État ne contrôle plus rien, – les enseignants sont peu contrôlés -, mais il s’empêtre dans la gestion d’un système. Et quand vous vous empêtrez rue de Grenelle et au rectorat, ça donne des chiffres, des bidules… La décentralisation, la vraie, fera que la gestion se fera sur place.

Source : émission C’ dans l’air du 27 septembre 2011 http://www.france5.fr/c-dans-l-air/societe/premiere-greve-test-34047 après la 54e minute.