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Fondation pour l'Ecole

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Entretien : Augustin d’Humières Convertir en PDF Version imprimable Suggérer par mail

Agrégé de lettres classiques, Augustin d’Humières enseigne le latin et le grec en banlieue parisienne. Il vient de publier Homère et Shakespeare en banlieue (éd. Grasset, septembre 2009), un essai qui prouve que la culture classique est une voie de réussite même et peut-être surtout au coeur des banlieues.

Son credo : «Le grec et le latin sont les meilleurs vecteurs de l’égalité des chances !»

Le choix de ne mettre qu’une seule oeuvre au programme est-il pertinent ?

Pourquoi pas, mais à condition de ne pas se tromper d’oeuvre ! Pour le grec, nous avons cette année Oedipe roi, de Sophocle. Le texte est d’une richesse inouïe et c’est un classique incontournable. Je ne peux pas en dire autant de L’Art d’aimer, que je n’avais moi-même d’ailleurs jamais lu !

N’aurait-il pas été préférable d’étudier un texte plus riche ?

Bien sûr ! A priori, je doute d’intéresser les élèves pendant un an avec L’Art d’aimer. Mais qui sait ? Si l’on avait eu les Annales de Tacite, où l’on voit comment Néron devient un empereur tyrannique, ou encore l’Enéide de Virgile, les élèves auraient été emballés !

Parce qu’on peut encore «emballer» des jeunes avec le latin et le grec ?

Il faut savoir que le désintérêt dont sont victimes les langues anciennes vient plus de l’institution elle-même que des élèves ou de leurs parents. Cela demande aux professeurs un vrai travail de terrain pour expliquer l’utilité de cet apprentissage, présenté comme «option facultative» ! Quand on prend le temps de faire cela, les classes se remplissent.

C’est ce que vous avez fait dans le lycée où vous enseignez. Une expérience rare que vous racontez dans votre livre…

Avec un groupe d’anciens élèves de latin ou de grec, nous visitons chaque année 40 classes de troisième pour modifi er l’image de ces options, avec un certain succès : 150 élèves recrutés en cinq ans pour le seul grec ancien ! En prenant soin de préciser que ces matières ne sont pas réservées à une «élite» mais constituent un atout essentiel dans une scolarité en lycée et dans les études supérieures : maîtrise de la langue française, des langues étrangères, du vocabulaire scientifi que, etc. Et nous montons aussi des  pièces de théâtre avec les élèves : l’occasion de toucher également les parents !

 
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