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Fondation pour l'Ecole

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La révolution silencieuse Convertir en PDF Version imprimable Suggérer par mail
Index de l'article
La révolution silencieuse
Partir à l'assaut des préjugés mutuels
Entretien avec Anne Coffinier

www.famillechretienne.fr- Famille Chrétienne n° 1628 du 28 mars au 3 avril 2009

Malgré l'absence de financement public et l'énorme investissement humain qu'elles réclament, les écoles indépendantes continuent à essaimer en France. Long­temps isolées, elles ont trouvé une vitrine nationale depuis que Fondation pour l'école, une structure indépendante qui les aide et les conseille, a été déclarée d'intérêt public. Par Clotilde Hamon.

Ça a commencé discrète­ment, dans les années 90. Personne ne s'intéres­sait à ces parents, de simples particuliers, qui se mettaient à créer des écoles indépendantes. Aujourd'hui, la presse en parle, les télés viennent voir. D'abord circonscrit à quelques familles bobos ou tradis, le phéno­mène a pris des allures de mouve­ment de fond, comme la vogue du bio et des produits équitables, le retour des couches lavables, les préoccupations écologiques...

 

À l'école Jacinthe-et-François, (Rambouillet). Des enfants studieux, une maîtresse attentive... Mais chaises et pupitres sont de « récup » : si créer une école reste un véritable défi, une fondation aide désormais les familles à sauter le pas.
U
n petit côté vintage, avec les chaises et les bureaux de « récup », la pratique assidue du «grand retour de la dictée» qui rejoint chaque année les déclarations d'intention des ministres de l'Éducation, les bonnes vieilles méthodes d'appren­tissages (syllabique, calcul mental, Histoire chronologique, etc.), avec des outils dernier cri, réactualisées par les avancées de la recherche, qui font par exemple joindre le geste à la parole pour l'étude des lettres et des sons, comme la méthode «Jean qui rit»,..

Une sorte d'objection de conscience face à une école dont les familles se sentent de plus en plus dépossédées. La volonté de ne pas rester les bras ballants devant la crise de la transmission qui touche l'institution scolaire. Le rejet de la pédagogie standar­disée transformant les profs en simples agents d'exécution, du kit éducatif au rabais qui remplace trop souvent, sur le terrain, les grandes intuitions historiques de l'Éducation nationale...

Et pour les catholiques, touchés par l'autre crise de la transmission, celle de la foi, un enjeu vital. Ceux qui n'ont pas trouvé de place à l'école catholique du coin, ou qui n'y ont pas trouvé ce qu'ils pou­vaient en attendre. Des histoires souvent banales, faites de petites mesquineries, mais aussi des fautes pédagogiques plus graves, révoltantes pour les parents fra­giles, déjà en difficulté dans leur milieu de vie quand il est hostile à la religion.

«Autant ouvrir une école! »... Mais comment?

Parmi les créateurs d'écoles, on trouve souvent des familles d'expa­triés ou de nomades, comme les militaires qui déménagent réguliè­rement, moins habitués au confort ou à la routine éducative. Des ren­contres, des liens d'amitié, un enfant handicapé pour qui on ne trouve pas de structure satisfaisante, l'en­vie de pouvoir choisir l'enseigne­ment d'une institutrice en or, qu'on connaît bien, comme on se repasse les super-nounous.

Des mamans débrouillardes, bien documentées, qui ont dû faire l'école à la maison, ou mettre les bouchées doubles pour rattraper les lacunes des enfants, et qui se disent «Autant ouvrir une école», comme les deux amies qui ont fondé L'Espérance à Gouvieux, près de Chantilly, avec huit enfants l'année dernière, et qui compte déjà vingt-cinq pré-inscriptions pour l'année prochaine.

Elles ont sauté le pas parce qu'il y avait le soutien de Fondation pour l'école, et de son institut de formation, où l'une d'elles suit les sessions. Beaucoup font aussi appel aux cours par correspon­dance, comme le Cours Sainte-Anne(1), l'un des plus récents, acces­sible aux familles qui n'ont pas forcément un haut niveau d'études, qui explose sous la demande depuis cinq ans.

Car créer une école reste un vrai défi : « Ma vie a changé », raconte une maman institutrice de La Chouette, à Orléans, qui a ouvert ses portes l'année dernière. «C'est beaucoup de temps, d'énergie, de stress. On y pense tous les jours. Pour une mère de famille, tout dépend de la charge de travail qu'on a à la maison; avec des tout-petits, un tel engagement devient mission impossible. Avant, j'adorais ne pas bosser, mais aujour­d'hui, mes petits derniers sont lancés, je suis arrivé à un moment de ma vie où je suis prête pour faire quelque chose de constructifpour les autres. »



 
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